DélégationTarn Aveyron

Boutique solidaire de Saint-Affrique

Une réflexion sur le textile s’impose !

Alors que le marché du vêtement neuf continue de prospérer (en France, 10kg de vêtements sont mis en vente par personne et par an !), les déchets textiles menacent de nous submerger, comme à St-Affrique, où la boutique solidaire du Secours Catholique ne sait plus quoi faire des dons de vêtements !

St Affrique Textile

publié en janvier 2020

Depuis plusieurs mois la boutique solidaire du Secours Catholique de Saint-Affrique ne désemplit ni de visiteurs (heureuse nouvelle !) ni de vêtements…

Et ce second point pose quelques problèmes et de nombreuses questions ! Les habitants du secteur apportent en grandes quantités leurs vêtements déjà utilisés dans l’espoir de leur donner une seconde vie. Mais de leur côté, les bénévoles n’en finissent pas de trier et de retrier. Une première fois, pour mettre en vente ce qui est réellement utilisable et une seconde fois, pour renouveler la boutique. En conséquence les sacs de rebuts textiles s’additionnent et se multiplient au garage.

Jusqu’à présent, c’était le Relais 48 qui venait récupérer ces vêtements usagés. Ils étaient à nouveau triés : une grande partie partait pour être vendue sur les marchés asiatiques ou africains tandis qu’un faible pourcentage était envoyé en Europe de l’Est pour être détricoté et revalorisé en isolant ou autre. Mais l’Afrique et l’Asie ferment de plus en plus leurs portes car ces continents produisent déjà leurs propres déchets textiles. En conséquence, les camions du Relais passent de moins en moins fréquemment récupérer les rebuts. Le constat est partagé par les nombreuses autres associations de l’Aveyron qui employaient le même circuit de valorisation de « Troisième temps ». Même au niveau national, les solutions sont rares : nous sommes envahis de textile, qui plus est, de mauvaise qualité, donc plus difficilement valorisable, et les associations n’ont pas d’autres choix que d’emporter ce trop-plein de notre société de consommation se faire incinérer ou enfouir en déchetterie.

Mais ce faisant, restons-nous dans le projet de construire une société juste et fraternelle ?

Ne sommes-nous pas en train de cacher les symptômes d’une société malade ?

Ne devons-nous pas mettre en lumière ce gaspillage pour que l’ensemble des habitants et des institutions se saisissent de ce problème à la fois mondial et local ?

Serena Gaffier, animatrice Aveyron Centre Sud

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