DélégationTarn Aveyron

Les jardins partagés de Carmaux

Le vendredi 5 octobre 2018, jardiniers et bénévoles du Secours Catholique de Carmaux se retrouvaient pour un moment convivial.

Apéro aux jardins de Carmaux !

publié en novembre 2018

Carmaux 1997, Roger Cammas met à disposition dans le boulevard Augustin-Malroux un terrain impropre à la construction et envahi par la friche. Marcel Beziers décide d’y faire des jardins qui seraient mis à disposition de personnes désirant cultiver la terre et avoir une certaine autonomie alimentaire. Le projet est épaulé par le Secours Catholique et s’étoffe. Cette année, quelques parcelles restaient inoccupées. Une petite annonce sur les tableaux d’affichage appelle de nouveaux candidats.

Ce vendredi 5 octobre le bureau du Secours Catholique délégation Tarn Aveyron organise une rencontre conviviale au jardin. Il s’agit de mettre en contact les jardiniers et les accompagnateurs.

Les jardiniers, récemment installés pour la plupart, sont enchantés de cette invitation, colportée par leur animateur, conseiller et attaché au matériel : Lakhdar. Cet ancien enseignant venu d’Algérie, instruit sur la biologie et la phytotechnie, a lu des ouvrages de Pierre Rabhi et possède une parcelle très étoffée, luxuriante. Son ancienneté et son savoir lui valent d’être référent et de posséder la parcelle pilote. Il a également une fonction dans la relation humaine, dans l’accueil et la maintenance de la pompe, des réseaux d’arrosage, dans la bonne distribution du matériel remisé dans la cabane. Thierry R. se charge des fonctions administratives, de la relation avec le Secours Catholique. Michel Dr. s’occupe de la logistique, des petits transports, des gros défrichages.

Les membres du bureau, pimpants et souriants, se réjouissent autour de la petite table dans ce salon improvisé, un peu spartiate. Les jardiniers, debout ou rassemblés sur le banc, les cheveux lissés et la tenue impeccable, s’égayent comme des serins sur un perchoir. Marcel, on le savait, était retenu par des obligations. Il aurait aimé être là pour se réjouir de cette situation qui lui tient particulièrement à cœur : la convivialité entre des personnes – d’origines, de confessions, de nationalités, de cultures différentes. Le pari est réussi.

Notre responsable du Secours Catholique local Pierre Camplo affiche la couleur, les personnes qui se consacrent à la comptabilité apportent, à travers leur sourire, la bienveillance qui rassure. Leur satisfaction est sans doute augmentée par la visite du jardin et la connaissance du travail considérable de ces travailleurs de l’extrême qui arrachent les invasives avec les mains et qui mettent un point d’honneur à aligner les cultures. Nous avons mis à leur disposition du fumier, de la paille, et bientôt du compost sera livré. Nous leur soufflerons les astuces de Pierre Rabhi, les pratiques culturales de Soltner, le BRF (bois raméal fragmenté) de Gilles Lemieux pour que s’associant à l’activité merveilleuse des auxiliaires du sol, ils puissent, en modérant et en rationalisant l’arrosage, cultiver un sol apaisé et pérenne.

En effet, parmi les objectifs poursuivis il y a celui d’offrir une vitrine de culture résolument respectueuse de l’environnement – culture associée avec les vers de terre (et ils sont d’accord), les cloportes, les gloméris, les scolopendres, mais aussi la lycose de Narbonne, la musaraigne, le crapaud, la couleuvre, et je ne cite pas les milliards de micro-organismes qui peuplent le sol et qui y sont aussi exubérants que les oiseaux le sont dans la forêt amazonienne. Ces auxiliaires assurent la retenue de l’eau dans le sol – comme elle est conservée dans l’humus de la forêt – et cette denrée est précieuse puisque l’eau du ciel devient plus rare chaque année. Il n’en reste pas moins que les récoltes s’annoncent prometteuses, de quoi réjouir les « artisans » du sol motivés et solidaires.

Michel Dalla Riva

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