DélégationTarn Aveyron

La pauvreté existe dans nos campagnes

Brigitte a une cinquantaine d’année, elle a deux enfants à charge et elle est accompagnée par Pascale, bénévole au Secours Catholique.

Se rencontrer autour d'une table.

publié en décembre 2018

Brigitte a travaillé comme aide-soignante pendant des dizaines d’année. Elle a souhaité changer de lieu de vie à la suite d’un burn out et a des problèmes de santé. Elle a donc fait plusieurs demandes de logement auprès des offices publics d’habitations à loyer modéré (OPHLM). L’OPHLM de l’Aveyron a été le premier à lui répondre. « J’ai donc pris mes valises et mes deux enfants », raconte Brigitte. « En étant malade et ne connaissant personne j’en ai bavé pendant un an. De demander des aides, ça a été difficile. J’ai toujours bossé. »

C’est l’établissement scolaire de ses enfants qui a alerté le Secours Catholique par rapport à la situation de Brigitte. « N’importe qui peut être un “lanceur d’alerte” », précise Pascale. Dans un premier temps c’était une aide alimentaire ponctuelle dont avait besoin cette famille. Puis de fil en aiguille un accompagnement s’est mis en place. Pascale aide donc Brigitte dans les démarches administratives mais elle lui apporte aussi un soutien moral.

« Par notre rôle de bénévole on entre dans l’intimité des gens. Ce qui demande de la discrétion mais aussi une confiance de la part de la personne, qui doit dire ce qu’elle ressent, ce dont elle a besoin. Le soutien financier c’est facile. Il suffit de faire un bon mais quand Brigitte me contacte car elle n’est pas bien, c’est autre chose. C’est surtout de ce soutien moral dont elle a besoin », explique Pascale.

Toutes les deux s’accordent à dire qu’il suffit d’une mauvaise rencontre, d’une maladie ou autre et tout peut basculer très vite. Personne n’est à l’abri et ça fait peur. Brigitte se sent rejetée et argumente en disant : « des personnes me critiquent mais elles ne cherchent pas à savoir pourquoi j’en suis arrivée là ».

Le cas de Brigitte n’est pas isolé. Le Secours Catholique de Saint-Martin du Céor doit faire face à ces nouveaux phénomènes dans notre campagne. « La pauvreté existe et même à Cassagnes, insiste Pascale, des gens sont obligés de faire les poubelles pour manger. Le regard des autres est difficile à affronter notamment quand la personne fait ses courses et qu’elle donne le bon à la caissière. Nous avons même des personnes qui travaillent, qui ont donc un salaire et elles n’y arrivent pas. »

Le point d’honneur de notre association est de donner une réponse rapide et ensuite si nécessaire il y a un accompagnement. Une autre mission du Secours Catholique est d’organiser des journées de rencontres afin de rompre l’isolement. Seuls six membres font vivre l’association au niveau local, à Cassagnes. Ils souhaiteraient pouvoir en faire plus mais faute de bénévoles les projets restent en sommeil.

Marie-Hélène Albouy

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