DélégationTarn Aveyron

Des rencontres avec des candidats

Le témoignage de Martine

Le Secours Catholique rencontre des candidats à la présidentielle. Ces rencontres sont organisées dans des lieux d’action ou d’accueil de l’association. Des personnes accompagnées, tout au long de l’année, par les équipes du Secours Catholique y participent, aux côtés de représentants de l’association, afin de présenter aux candidats leurs constats et propositions.

Rencontre à Paris.

Martine a témoigné à Paris, auprès d’une candidate

Témoignage recueilli par Audrey Gayraud.

Alors Martine, comment as-tu vécu toute cette aventure : le départ en Albanie, et jusqu’à maintenant, les élections ?

C’était la première fois que je partais, que j’allais visiter un pays pauvre. J’ai été émue dans ma rencontre avec les Roms, les groupes de femmes qui essaient de se battre. Cela m’a permis de me rendre compte qu’en France nous sommes privilégiés (il y a des aides qui existent), et, si l’on veut, on a plus de possibilités de s’en sortir.

En France, je pense qu’on peut s’appuyer sur la famille, alors qu’en Albanie, c’est toute la famille qui est pauvre. Cette mission m’a vraiment touchée, surtout la rencontre avec les femmes de Laç et leurs tout petits enfants jouant seuls, dehors, sans rien. Malgré leur pauvreté, ces femmes nous ont bien accueillies, elles se sont certainement privées pour nous offrir tous ces petits plats. En France, on dit qu’on laisse une place pour le pauvre, mais en pratique…

Quand je suis revenue en France, je pensais souvent à elles. Quand je vois des émissions à la TV sur la pauvreté et les combats menés par des femmes, je pense à elles. Ce sont les femmes, intellectuelles, qui réveillent l’Albanie. Pour moi, elles ne peuvent pas compter sur les hommes. C’est grâce aux femmes, notamment celles qui ont fait des études, que les choses changent.

J’ai témoigné dans mon groupe, La Colombe ; j’ai senti qu’elles étaient touchées, mais elles ne m’en parlent pas souvent. On a des difficultés à aborder les sujets graves. Pour moi, c’est tabou. L’exemple que nous ont donné les femmes albanaises est mis en avant aujourd’hui, dans la démarche du Secours Catholique concernant les élections. Heureusement il y a les femmes ! C’est toujours les femmes…

Dans chaque groupe nous avons travaillé sur les affiches de la campagne. Chaque personne a voté pour une affiche, avec des gommettes. Cette animation était intéressante car chacune a pu s’exprimer, nous avons toutes parlé, dit nos problèmes ; les femmes se sont livrées. Après cette animation, toutes les représentantes des groupes – Bernadette, Aldjia, Reine et moi –, nous nous sommes retrouvées à Montauban afin de préparer le message pour la rencontre avec les candidats à l’élection présidentielle.

Ensuite, nous sommes montées à Paris, toutes ensemble, au siège du Secours Catholique, pour la première fois. Nous ne savions pas comment cela allait se dérouler. Nous avons fait la connaissance de François Soulage. Nous avons travaillé en tables rondes sur le message que nous voulions faire passer. L’ambiance de cette rencontre m’a vraiment mise à l’aise, on nous laissait parler, on nous écoutait et on nous aidait. Il y avait une vraie liberté de parole. La suite a été la rencontre avec Éva Joly. Je suis partie avec énormément de trac. C’était la première fois que je devais parler comme ça. Si nous avions eu un autre rendez-vous le lendemain, ou 1 h après, j’aurais pu parler plus, j’aurais été un peu plus loin.

Le message que j’ai porté était une expérience personnelle. Je suis de petite taille et beaucoup d’emplois m’ont été refusés à cause de cela. Il y avait toujours quelque chose qui n’allait pas : membres trop petits, positions de travail… Je lui ai simplement demandé, si elle était un jour au gouvernement, de faire appliquer la loi sur le handicap, et que les entreprises ne s’en sortent pas si facilement, avec une amende. Ce n’est pas parce qu’on est non-voyant, en fauteuil, de petite taille, etc., qu’on ne peut pas travailler. Cette rencontre était très bien, Éva Joly nous a mises à l’aise, son regard était bienveillant, j’ai aimé et Reine me l’a fait remarquer. Je suis seulement déçue de ne pas être allée plus loin, mais c’était la première rencontre ; s’il y a une prochaine fois… Après, sont arrivés les journalistes. À ce moment-là, j’avais beaucoup de choses en tête et quand ils sont arrivés, cela m’a vraiment impressionnée. J’ai alors pensé aux personnes qui sont harcelées par des journalistes. Ils sont entrés comme un ouragan.

J’espère que cette rencontre et tout ce qui a été dit ne sera pas oublié, si Éva Joly est au gouvernement un jour, qu’elle pense à la rencontre avec les groupes de femmes.

Le lendemain a été très dur, nous avons participé à 1 h d’émission en direct sur Radio Présence Toulouse. Heureusement je n’étais pas seule. Il y avait Reine, et nous étions accompagnées de Christophe, Audrey et Élisabeth. J’ai vraiment eu de grosses difficultés à parler, je n’étais vraiment pas à l’aise.

Aujourd’hui, je me sens bien. Je me sens un peu plus concernée par les élections, sur ce que dit chaque candidat. Cette expérience m’a vraiment apporté quelque chose, c’est la première fois que je me suis sentie écoutée, que ma parole est entendue. Pour moi, tout est nouveau, je n’aurais jamais imaginé que ma participation au Secours Catholique m’amène si loin…

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